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Tous les animaux ont un maître. Et le maître du caribou
s’appelle Papakashtshishku. La vie de l’Innu était
gouvernée par le maître du caribou. Jadis, nous exprimions
nos besoins aux maîtres des animaux, à l’intérieur
de la tente tremblante. « C’est là que vous me
trouverez », confiait-il au chasseur. Comme Papakashtshishku
l’avait prédit, c’est là que la chasse
fut bonne.
Que l’on réussisse à abattre ou que l’on
revienne bredouille, tout dépend du respect que le chasseur
porte aux maîtres des animaux. Celui qui accorde un respect
total aux maîtres sera aimé d’eux. L’animal
qui est donné par le maître sera comme paralysé
sur place et s’offrira au chasseur respectueux.
Toutes les parties du caribou sont respectées. On range
donc avec minutie tout ce qui appartient au caribou. La vie de l’Innu
est liée à celle du caribou, sa survie en dépend.
La peau, les os, la graisse, la viande, la tête, les organes
internes, les bois, tout est utilisé afin de permettre la
survie de l’Innu et par respect pour l’animal qui s’est
offert.
Source : Aitnanu, la vie quotidienne d’Hélène
et William-Mathieu Mark, Éditions Libre Expression, Montréal,
Musée canadien des Civilisations, sous la direction de Daniel
Clément, 1993.

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